La Paralysie du sommeil đŸ˜±đŸ‘» 3


cauchemarLa tableau « Le Cauchemar », de Heinrich FĂŒssli

Agathe a vĂ©cu une paralysie du sommeil : un Ă©tat Ă©trange oĂč on se rĂ©veille, conscient et prĂ©sent, sans pouvoir remuer le moindre orteil, avant de vivre, parfois, des hallucinations. Maintenant que cette grosse frayeur est passĂ©e, elle vous raconte son histoire !

"D’aussi loin que je me souvienne, j’ai toujours eu un rapport, disons, conflictuel avec le sommeil. Plus jeune, je faisais des cauchemars chaque nuit, j’ai vĂ©cu des Ă©pisodes de terreurs nocturnes, puis il y eut les phases d’insomnie au cours de l’adolescence. Cependant, ce que j’ai vĂ©cu il y a quelques mois Ă©tait d’une nature trĂšs diffĂ©rente, et je n’hĂ©site pas Ă  dire que je ne souhaite Ă  personne de traverser la mĂȘme chose. Entre la peur ressentie, l’angoisse omniprĂ©sente tout au long de cette phase, et le temps que je mis Ă  retrouver mon calme aprĂšs l’avoir vĂ©cue, ce fut clairement une expĂ©rience Ă©prouvante".

La paralysie du sommeil, kézaco ?

Ce type de sensation fait partie de la liste longue comme le bras des troubles du sommeil, et peut toucher Ă  peu prĂšs tout le monde, sans rĂ©elle distinction d’ñge, de sexe, ou d’état de santĂ© gĂ©nĂ©ral. Elle se manifeste donc, comme son nom l’indique, par le fait que la personne se trouve dans une phase d’éveil ou d’endormissement, et subit alors ce qu’on appelle une atonie musculaire, c’est-Ă -dire une incapacitĂ© Ă  effectuer le moindre mouvement. La personne, parfaitement conscience et respirant normalement, n’a cependant plus de contrĂŽle que sur ses paupiĂšres et ses yeux. Cet Ă©tat peut durer d’une poignĂ©e de secondes Ă  plusieurs minutes, et disparaĂźt spontanĂ©ment.

Mais tout cela, je l’ignorais avant de vivre ma propre paralysie ; je n’avais jamais entendu parler de ce trouble par le passĂ©, et ces renseignements m’auraient trĂšs probablement Ă©tĂ© d’une grande aide pour conserver mon calme tout du long de cet Ă©tat. Imaginez seulement. Vous vous rĂ©veillez au beau milieu de la nuit, tout naturellement, puis vous constatez dans la seconde suivante que votre corps ne rĂ©pond plus, refuse de vous obĂ©ir. C’est Ă  ce moment que l’angoisse se met Ă  monter, que la frayeur s’empare de votre capacitĂ© de raisonnement. À ce moment prĂ©cis, une seule question me vrillait le cerveau : « Qu’est ce qui m’arrive ? Qu’est-ce qui m’arrive ? ». Anxieuse, paniquĂ©e, j’essayais de bander mes muscles, remuer mes jambes, lever mes bras
 en vain. Je demeurais allongĂ©e sur le dos, parcourant des yeux ma chambre plongĂ©e dans le noir, ne pouvant que constater au fur et Ă  mesure que le temps s’écoulait que j’étais littĂ©ralement prisonniĂšre de mon propre corps.

Cauchemar2Paralysie du sommeil, sensations et hallucinations

AprĂšs quelques secondes passĂ©es Ă  essayer de reprendre contrĂŽle de mes membres (a posteriori, j’imagine que je devais ressembler Ă  l’hĂ©roĂŻne de Kill Bill s’ordonnant : « Bouge le gros orteil !! »), arriva la sensation qui accompagne la majoritĂ© des paralysies du sommeil : la suffocation. Alors que mes muscles respiratoires fonctionnaient parfaitement, j’avais le sentiment qu’une dizaine de mains Ă©taient en train d’appuyer sur ma poitrine, compressant mon thorax et mes poumons, m’empĂȘchant de reprendre correctement mon souffle. Je pouvais entendre ma respiration siffler, et plus je forçais sur ma poitrine pour aspirer plus d’air, plus celle-ci semblait se bloquer et se compresser, comme sous l’effet d’un Ă©norme sac de sable invisible posĂ© sur moi. Vous avez dit « cercle vicieux » ?

Je ne savais plus trĂšs bien si je rĂȘvais ou si j’étais parfaitement consciente. J’étouffais, je paniquais, je pouvais voir tout autour de moi, mais il m’était impossible de bouger. J’avais envie d’appeler mon frĂšre dormant dans la chambre Ă  cĂŽtĂ© de la mienne, pour qu’il puisse venir me secouer, m’aider, faire quelque chose, peu importait, du moment que je ne restais plus toute seule dans cet Ă©tat. Je fis alors un effort considĂ©rable pour ouvrir ma mĂąchoire, produire un son. Je n’en fus pas capable. MĂȘme mes cordes vocales, mes lĂšvres, ma bouche, semblaient figĂ©es, et je restai donc lĂ , silencieuse et immobile malgrĂ© moi, regardant mon plafond ou les murs de ma chambre Ă  coucher, effrayĂ©e et ne sachant pas quoi faire. Ensuite, il y eut les hallucinations. Je pense que vous connaissez toutes, au moins de vue tant il est cĂ©lĂšbre, le tableau de l’artiste suisse FĂŒssli : Le Cauchemar.

Certains critiques artistiques voient dans cette toile une reprĂ©sentation de ce trouble du sommeil, figurant la sensation d’écrasement ou de suffocation au niveau de la poitrine, mais aussi les visions que certaines personnes rapportent avoir expĂ©rimentĂ© au cours de cette phase. La femme Ă©vanouie en robe de nuit immaculĂ©e, le dĂ©mon simiesque assis sur sa poitrine, et la tĂȘte fantomatique de cheval surgissant de l’obscuritĂ© environnante
 Par chance, je n’ai pas souffert d’hallucinations visuelles durant cet Ă©pisode, non. Les miennes furent exclusivement auditives.

Ça a commencĂ© par une respiration, au dĂ©but imperceptible, puis de plus en plus claire et marquĂ©e. Et Ă  mesure que je rĂ©alisais que « quelque chose » ou « quelqu’un » respirait Ă  cĂŽtĂ© de moi, ce souffle se faisait rauque et sifflant, et paraissait se rapprocher de mon oreille. Je n’ai compris que plus tard qu’en fait, l’hallucination se faisait plus obsĂ©dante parallĂšlement Ă  mon angoisse grandissante ; sur le coup, ma peur Ă©tait bien trop forte pour pouvoir laisser de la place Ă  ma capacitĂ© de raisonnement. Soyons claires, j’étais complĂštement paniquĂ©e. Puis, Ă  la respiration tout contre mon oreille, s’ajouta l’impression d’entendre la voix de ma mĂšre m’appeler depuis l’extĂ©rieur de la maison ou du rez-de-chaussĂ©e
 Difficile Ă  dĂ©finir. Mais elle prononçait mon prĂ©nom, de façon rĂ©guliĂšre et presque mĂ©canique, comme si elle rĂ©clamait ma prĂ©sence rapidement Ă  ses cĂŽtĂ©s. Je voulais lui rĂ©pondre, hurler de venir m’aider, lui demander de venir dans ma chambre pour me faire sortir de cet Ă©tat.

Mais au bout du compte, ce furent les mains de mon frĂšre qui vinrent Ă  mon secours. S’étant levĂ© pour aller boire, il avait entendu ma respiration qu’il me dĂ©crivit plus tard comme « lourde » et « difficile », et Ă©tait venu voir comment j’allais, pensant que je faisais un cauchemar. Je vous laisse imaginer son impression quand il me vit allongĂ©e dans mon lit, droite et raide, les yeux grands ouverts et roulant de tout cĂŽtĂ©s. Il n’eut mĂȘme pas besoin de me parler, le simple contact de ses doigts suffit Ă  me faire sortir de mon Ă©tat de sommeil transitoire, et ma paralysie cessa Ă  cet instant prĂ©cis. C’est souvent ainsi, la personne souffrant de ce trouble peut revenir Ă  son Ă©tat normal soit tout Ă  fait naturellement, soit grĂące un stimuli de la part d’une tierce personne. Je me souviens ĂȘtre restĂ©e de longues secondes Ă  regarder mon frĂšre avec des yeux de merlan frit, hĂ©bĂ©tĂ©e, retrouvant mon souffle et le contrĂŽle de mon corps ; je tremblais de tous mes membres, encore sous le choc de ce qui venait de se passer.

RĂ©duire les risques de paralysie du sommeil

Aujourd’hui, je suis bien incapable de vous dire combien de temps ma paralysie du sommeil dura. Quelques secondes ? Deux minutes ? Un quart d’heure ? Comme dans le cas d’un rĂȘve, on n’a aucune conscience du temps qui passe, et on peut difficilement l’évaluer. Ma peur, couplĂ©e Ă  cet Ă©tat de demi-sommeil, m’a interdit toute estimation du temps Ă©coulĂ©.

Par la suite, bien dĂ©cidĂ©e Ă  ne plus jamais revivre ce genre d’expĂ©rience, je me suis renseignĂ©e sur ce trouble du sommeil, et j’essaie depuis d’appliquer Ă  la lettre quelques conseils simples pouvant aider Ă  l’éviter. Ne pas s’endormir allongĂ©e sur le dos, ne pas absorber d’aliments riches en vitamines ou cafĂ©ine avant d’aller se coucher, ne pas penser au stress, aux soucis, Ă©viter les irrĂ©gularitĂ©s trop importantes de sommeil
 Tant d’élĂ©ments qui auraient tendance Ă  favoriser la paralysie du sommeil, mais aussi tout autre trouble nocturne pouvant rĂ©sulter d’une mauvaise hygiĂšne de vie.

Finalement, je ne peux que conseiller aux madZ de bien dormir, d’aller se coucher dĂ©tendues et en mettant de cĂŽtĂ© les soucis de la journĂ©e, qu’il faut savoir relĂ©guer au lendemain plutĂŽt que les ressasser durant la nuit. Je n’ai pas connu de nouvel Ă©pisode de paralysie du sommeil, et je croise les doigts pour ne jamais revivre quelque chose comme ça. Ayez un bon sommeil, les madZ, et prenez soin de vous !

Source lien dossier N°1 : madmoizelle

Source lien dossier N°2 : paranormal-encyclopedie

Vidéo documentaire :


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3 commentaires sur “La Paralysie du sommeil đŸ˜±đŸ‘»